lundi 23 mai 2011

NYPD blues de mai 2011, New York

Un scénar pour NYPD blues... Synopsis : une pointure du PS, parti de "gauche" français, Président du Fond monétaire international, favori aux présidentielles, arrêté à New York pour agression sexuelle envers une femme de chambre guinéenne musulmane. New York, présidentiable, agression sexuelle, noire, musulmane, ça fait beaucoup Coco, change un truc. Le titre pourrait être "the french guy in the hotel vith the maid" (le français dans l'hôtel avec la fille) comme l'appellent à présent  les américains qui ne le connaissaient pas plus que ça. A présent, si. L'économie, c'est rasoir.

16/05/2011 à 13h11    1179 vues  lien





Et "tout le monde" en France "le" savait ( "tout le monde", c'est 700 personnes du marigot médias-politique-finances-show-biz-gratinissime; et "le", c'est le côté "tarquin" de Touit)... pas la plèbe qui n'a jamais été vraiment mise dans le secret des Dieux, ni...

... certain/es qui se sont montré/es stupéfait/es mais ils accordent mal leurs violons, gare à twitter, ex l'un affirme ne rien avoir su tandis qu'au même moment, l'autre dit qu'il a été très bien, pas comme un troisième etc. Le mensonge c'est un art.

L'Affaire DSK ou M. "Touit"

 Un "avant" et un "après". Où je me justifie d'attacher trop d'importance à un fait-divers


A tous ceux qui s'insurgent de la trop grande importance accordée à cette affaire au fond un peu anecdotique voire "pipel" si j'ose. Non, cette affaire n'est pas un fait divers démesurément gonflé pour tabloïds même s'ils vont assurément s'y engouffrer car elle se vend bien.

Elle est importante voire fondamentale symboliquement car elle nous éclaire sur le pouvoir (celui-ci a failli devenir le Président d'un pays représentant dans l'imagerie populaire mondiale les Droits de l'homme, l'égalité, la Révolution, l'abolition de l'esclavage etc.) et sur sa justice, ses journalistes, sa caste intello gauche chic, bref tout "notre" univers sous-jacent... tel au fond d'un bassin glauque l'invisible cadavre qui gisait depuis des lustres et qui soudain surgit à la surface gonflé et nauséabond. Sans vouloir jouer à rebours les Bernard-hari (je laisse) (lien) c'est à dire les ingénues style Margot dans sa chaumière, ces hommes politiques estimés, aimables, parfois brillants et pleins d'humour, c'était donc aussi "ça"?

En avons-nous conscience ? Sans doute confusément d'où l'intérêt de ces poulets (je parle de notre inestimable Bernard-h). Indépendamment de Mr Touit-touit qui n'est ici qu'un artefact, il y aura donc un "avant" et un "après", tant au niveau des médias que de la justice, notamment au sujet de la manière dont la France traite ses VIP délinquants ou criminels par rapport aux States.. avec des leçons à tirer pour tous... et certainement une modification importante de nos comportements.

Car à présent, même en France, une petite employée au ménage, une femme d'en "bas" comme disait quelqu'un récemment (l'expression "femme de" ménage est impropre et déplacée) osera porter plainte contre un "gros" client si imposant soit-il trop "pressant" (que l'on dit), agresseur sexuel, voire crescendo, carrément violeur ou sérial violeur... et il y a fort à parier que ce genre d'acte sera dorénavant moins, beaucoup moins fréquent. Car les "pulsions" rappelons le, soi disant incontrôlables, se contrôlent en fait très bien dans d'autres situations, par exemple lorsque la femme est elle aussi une VIP. Donc un agresseur sexuel est avant tout un homme qui joue de son pouvoir contre plus faible (croit-il, mais parfois il fait erreur.) Redite, celui-là a failli devenir Président de la République. Ca rappelle (dans l'autre sens) le procès de Bobigny qui lui aussi fit date, donnant (entre autre) la mesure de l'impensable ignorance du juge (des juges?) sur les questions d'avortement même purement techniques (cf la confusion historique entre une canule de Karman et un thermomètre... qui fit hurler de rire toute la salle devant le magistrat penaud)... où l'accusée fut acquittée.

Dans le cas de Mr Touit-touit, on a la mesure de ce que peuvent faire en toute impunité (ou en tout cas, sans que les médias, tenus à l'omerta, n'en avisent) des gens qui "nous" gouvernent et participent du système de lois auquel nous sommes soumis. L'affaire "Touit-touit" représente en ce sens une sorte de prise de la Bastille symbolique (la fin définitive d'illusions ou de demi illusions et la prise de conscience que rendre justice est facile, une justice qu'en France nous complexifions parfois à l'envi) et il est dommage mais significatif que ce soient les amerlocks qui l'aient faite sortir. Pensez ! Tout y est comme en un scénar de série un peu lourd : une employée de ménage noire, immigrée, jeune mère élevant seule sa fille... qui fait (involontairement) tomber un des hommes les plus puissants du monde, dans un pays que nous mésestimons un peu par son manque de "passé" idéologique, non, ce n'est pas rien et nullement piple. Il est parfois bon de recevoir des baffes dans la figure si on sait en tirer profit. Celle-là met un peu KO (j'aurais voté pour Mr. Touit-touit sans hésiter) mais à présent, je pense que c'est une bonne chose (je demande pardon à sa victime d'écrire cela, pour qui assurément il s'agit d'un drame déjà épouvantable en soi mais ici démultiplié puissance n par la publicité qui en est faite et qui va sûrement encore augmenter demain, j'espère qu'elle obtiendra des indemnités conséquentes ça le mérite, tout comme Rikers pour M. Touit-touit, présumé innocent certes... s'il est reconnu coupable.) Ces deux images malgré tout sont impressionnantes, presque poignantes : voilà ce qu'est un homme avant et après Rikers; un jour seulement après!

Cette prison dite la "tombe", l'une des plus importantes des Etats Unis et la pire est en fait une véritable "ville" de 17 000 "résidents" parmi lesquels les prisonniers les plus durs qui soient -constitués en gangs qui se livrent une guerre impitoyable- avec 7000 gardiens sans réel pouvoir- et toute son infrastructure spécifique, ses trafics et ses "lois", celles des caïds bien sûr, qui en sont aussi les garants et les exécuteurs, au sens strict du terme...
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Un précédent historique il y a 25 siècles

Ca s'est peut-être passé ainsi au 6° siècle avant JC : la "marche" sur le palais de Rome par le peuple avec l'image de Lucrèce sur un panneau? et l'instauration de la République qui mit fin au règne des rois Tarquin.

Une image : Lucrèce et le roi Tarquin dit le "Superbe", violeur en série par ailleurs... ou comment une femme discrète, bien sous tout rapport (ici, une patricienne mariée cependant) fit tomber sans le vouloir le pouvoir royaliste haï vieux de plusieurs siècles. C'était en 509 avant JC : comme tout agresseur sexuel cherchant à tacler sa victime (mais ici, sa future victime), Tarquin l'avait menacée, si elle se refusait, de la tuer et de placer son corps dénudé aux côtés de celui d'un esclave afin de feindre avoir découvert.. et puni comme il devait (il était roi!) un adultère. La Rome antique ne plaisantant pas avec les mœurs, pour son honneur et celui des siens, elle dut céder, un acte "consenti" (!) voire provoqué par une très belle femme et auquel le faible mortel qu'il était avait succombé... qu'il lui aurait reproché au cas où elle le dénoncerait. On n'a rien inventé.

Sur DSK. lettre ouverte à un philosophe en colère d'une autre qui ne l'est pas moins

 

"Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit."




AVEC DES AMIS COMME CA, ON N'A PLUS BESOIN D'ENNEMIS !

Bernard-H Lévy (lien) donc est "très en colère (lien) très très" contre je cite, "les uns et les autres qui s'instituent chroniqueur judiciaire".. par conséquent sans doute contre lui-même puisque c’est exactement ce qu’il va faire dans ce billet… très en colère donc au sujet "du traitement infligé à DSK", par le système judiciaire américain… Et là, c’est, au bas mot une énorme maladresse et au pire… un coup de chapeau involontaire justement à ce système qui met à égalité une jeune femme noire ou portoricaine qui gagne sa vie en nettoyant les salles de bains des "grands"… (jeune femme dont il ne sera nullement question du reste dans l’article) et ces "grands" eux-mêmes! Mais il continue et enfonce encore le clou : "système qui dit-il ne tient pas compte de la personnalité du prévenu.  "
J’ai cru être mal réveillée en le lisant et m’être tout simplement trompée d’auteur, sans doute une commande urgente à un jeune pas très au point question écriture et logos. Mais non, c’est bien lui, le beau Bernard H. agrégé de philo. Un "collègue" en somme. La honte. Pas en forme ? Eût-il voulu enfoncer encore son pote et saluer le système judiciaire américain qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Et ce n’est pas fini. "C'est absolument dégueulasse, on sait bien que tout le monde n'est pas pareil !" (O mais si, Bernard, et surtout question quéquette, bien sûr, être un "grand" ne garantit rien sur ce point… mais par contre garantit qu’on aura les moyens le cas échéant de filer à l’anglaise, si l’on peut dire, comme un vulgaire malfrat.)
Et vogue galère. "On sait bien que quelqu'un comme DSK est évidemment traité par l'opinion d'une manière différente." En d’autres termes, je dirais moi "noblesse oblige" mais ici c’est l’inverse selon notre excellent. Quand je pense que dans mon enfance ma mère directrice d’une petite école en pays minier, une VIP pour le village à l’époque, me ressassait à l’envi "tu dois donner l’exemple toujours, sinon c’est tout l’enseignement public qui va être taclé avec toi." Une vitrine, j’étais. Ici, Bernard H dit a contrario "là où tu te situes, tu dois être traité avec plus, infiniment plus, d'indulgence." (Et tu peux en profiter? Cela va de soi.) Autrement dit, c'est parce qu'il fait partie du corps décisionnaire d'un système égalitaire encadré par le législateur représentant le peuple qu'il pourrait en violer.. la loi ! Minable et idéologiquement fautif. Rappelons qu’un fonctionnaire petit ou grand se doit à l’Etat donc à tous, qu’il en est le serviteur et le garant donc il sait à l’avance qu’on ne lui fera pas de cadeau (enfin théoriquement) c’est normal et accepté d’emblée, qu’il s’agisse d’une petite instit de village ou d’un DSK. En revanche, il est vrai qu’il bénéficie de certains avantages (je parle surtout pour les "grands"), indépendance relative et sécurité de l’emploi, non je ne plaisante pas. Que l’on gagne 1000 euros ou 200 000.
En d’autres termes, "la meute de photographes qui l'humilient" est le strict corollaire du respect dû à l'Etat. L’affaire eût-elle été traitée comme une simple anecdote et c’eût été humiliant pour la fonction, pour les autres, pour tous. Sous entendant que ma foi de telles choses peuvent arriver, banal, pas grave étant donné le rang du transgresseur. Et ben zut alors. Et tout est dans la même veine, effarante, ridicule aussi. "Tout le monde n'est pas tout le monde !" poursuit Bernard H. Ah pardon, je croyais, je pensais même que c’était un des principes d’égalité de 1789. "Le président du FMI… il est évident que ce n'est pas un quidam." A ce stade, avec les termes mêmes de "quidam", de "meute", d’"humiliation", on ne peut même plus commenter tant le mépris pour les "petits" est inénarrable : on se croirait revenu trois siècles en arrière à l'époque où les gens étaient divisés en plèbe, serf et aristo. Lamentable dérive d’une institution qui se monarchise de plus en plus (en pire comme il se doit, les rois autrefois n’ayant parfois pas choisi de l’être et n’ayant pas été "sélectionnés" par un combat qui laisse souvent surnager, non les meilleurs, mais... ceux qui savent nager, parfois -pas toujours- les plus cyniques, les plus "dégourdis".)
Reste le CV du pote. Difficile à éluder. Bernard s’y colle en vitesse. "Depuis hier, certains.. ont parlé du passé sulfureux de DSK […] de son attirance maladive pour les femmes, un secret de polichinelle". Et là, le ton devient de plus en plus rigolo. "Ecoutez, ces petits mecs, s'ils savaient tout ça, pourquoi ne le disaient-ils pas ?" Petits mecs ! Contre les "grands mecs" sans doute ?! Quel argument ! qui encore une fois joue a contrario de la thèse. Mais s’ils ne le disaient pas, c’était justement (voir début de l’article) parce qu’il s’agissait d’un "gros", de quelqu’un qui dans l’idée générale de ce maladroit poulet, était intouchable (le billet se mord la queue comme une mauvaise dissert), quelqu'un qui pouvait casser la carrière d’un homme et surtout d’une femme. Il est significatif que celle qui a osé ester contre lui soit femme de ménage et non une journaliste de sa caste : ce n’est pas DSK qui va l’empêcher de trouver un emploi de chambrière... ou peut-être tout simplement a-t-elle a eu plus de cran que les autres victimes, ou que aux States, on l'a écoutée et non renvoyée à ses plumeaux, David/Goliath ça ne les impressionne pas d'un iota, honte à nous... voire, hypothèse la pire pour DSK, qu'il a été plus "loin" c'est à dire, appelons les choses par leur nom, jusqu'au viol avec comme dirait Villon, une femme de "pauvre et petite extrace" -qui la bouclera pensait-il-..
Les deux supposées "Ophélie"qui sont peut-être bien la même... celle du milieu étant un montage avec le visage de celle de gauche et la coiffure de la dernière.. à deux âges différents, mieux attifée et moins mince dans sa version la plus récente (normal), la bouche et le sourire notamment sont identiques.

Tout ce qu'on sait d'elle est qu'il s'agit d'une jolie femme de 32 ans, bosseuse, genre à venir avec la grippe, une aspirine et c'est parti... mais on peut imaginer son cursus, banal : toute jeune mère célibataire ou veuve (sa fille est adolescente) ayant fui la misère, le passage par le Mexique ou ailleurs (?) dont on sait les risques, peut-être avec le bébé caché, sa peur sûrement et enfin la relative sécurité et le labeur.. la rencontre avec des patron/nes sympas (ça rappelle un film) l'argent qu'elle a probablement envoyé aux siens et pour finir, assurément une réussite, ce poste dans un hôtel de VIP.. Et voilà que tout se brise en ce jour de mai où en entrant dans la suite de DSK avec son chariot... Cette agression (jusqu'où?) a dû la renvoyer en un instant à son passé de femme-qui-ne-compte-pas, laissé croyait-elle, loin derrière elle : voilà pourquoi entre autre ce procès est vital.

Gageons qu'elle ne sera pas ménagée par la partie adverse qui va tenter de faire d'elle une frétillante croqueuse de diamants ou au contraire un "thon" profitant de l'"aubaine", comme a osé dire notre "Marie-Antoine" de service au sujet de Tristane Banon, une autre victime de son pote. Une agression sexuelle, une "aubaine"? Elle devrait être flattée à 20 ans qu'un "grand" de 58 se soit "intéressé" à elle ou plus exactement à son c.? Elle l'aurait cherché pour en tirer profit? Ah, les femmes ! Ici, notre beau Bernard a définitivement perdu, et la face, et toute crédibilité, dévoilant une montagne de... (touit) sous une allure de play boy de la philosophie, rôle qui restait à pourvoir et dans lequel il s'est engouffré avec parfois un certain talent.

"Dominique Strauss-Kahn est traité comme très peu d'hommes ont été traités dans l'histoire des démocraties modernes".. Non tout de même, Bernard, il faut raison garder et ces propos de midinette découvrant le mal en ce bas monde (c’est affreux-horrible les gens sont si méchants sauf moi)… venant d'un auteur philosophe ! sont franchement indignes : de la presse rose people, oui mon cher, ni plus ni moins, mixte de Marie-Antoinette et de Margot. "Il dort en prison, je connais cette prison effroyable." Et oui. Et il est bon que des gros la connaissent aussi, ne serait-ce que pour la dénoncer ensuite car il est vrai que les prisons aux states comme en France pèchent lourdement. Une idée, Bernard, pour te racheter : va le voir, observe comment vivent, non seulement ton pote (qui a droit à un traitement spécial, les agresseurs sexuels, DSK ou pas DSK, sont plutôt mal vus en taule et on comprend qu’il ait été isolé) mais tous les détenus et fais nous un bel article à ce sujet.
Suit une phrase sibylline mal construite (décidément !) à deux ou trois sens, voire à aucun, lorsqu’on lui demande s’il doute : "est-ce que je doute de quoi, vous vous foutez de ma gueule?" Passons sur le ton du propos, plus banlieue que prof de philo, c'est tout son charme, mais : "est-ce que je doute de quoi", ça veut dire quoi? De l’existence de Dieu ? Mais il précise : "vous pensez une seconde qu'on serait amis si je pensais que DSK était un violeur compulsif ?" Et bien justement, les arguments décidément s'annulent : l’article, exsudant à chaque mot de défauts d’analyse invraisemblables donne précisément de lui (très très en colère) une image de... disons au bas mot ingénu amblyope (et je suis sympa)… jusqu’au grotesque. Alors, Margot ? Un complot ?

A ce stade, on ne voit que ça. Mais non, il ne va tout de même pas jusque là, le philosophe resurgit soudain et donne un coup de pied au fond de la piscine où il s'enlisait et manquait un peu d’air. "Je ne pense pas complot mais je dénonce un emballement judiciaire et médiatique qui est en train de fabriquer un coupable". Ouais. C’est-y pas un petit peu du pareil au même ? Complot par destination en somme ? Et ça termine sur une note biblique dramatique encore plus maladroite que tout le reste (pas besoin de préciser) "mon Dieu se diront-ils [il parle des méchants "petits" qui accablent son "grand" de copain tels une "meute" de "quidams" ravageurs inconscients que "tout le monde n'est pas tout le monde" etc] qu'est ce qu'on a fait, nous avons été lamentables !" C’est lui qui l’est, et qui vient ici d'apporter un tas de fagots pour le bûcher. Pauvre DSK : avec des amis comme ça, on n’a plus besoin d’ennemis.


Rikers, une vue de l'esprit (montage, seule la moitié gauche est une photo). Ca rappelle un peu les élevages en batterie. Bardot, que fais-tu? Où est DSK?

Affaire DSK : un peu d'éthologie

 


Chez l'animal, les mâles au statut social élevé ont tendance à sécréter plus de testostérone et à adopter un comportement plus agressif. De même pour l'homme. (Rien de machiste ici : chez les femelles, c'est la progestérone qui agit de la même manière.) Si les faits reprochés à DSK sont avérés, ils pourraient illustrer une relation explorée depuis des lustres tant chez l’homme que chez l’animal mais peu publiée, puritanisme oblige.


Hormones et statut social. Chez les singes, à mesure que s’instaure une hiérarchie, des modifications hormonales apparaissent. La position dominante s’accompagne très souvent d’une élévation du cortisol, l’hormone du stress (en anticipation des conflits auquel il doit faire face sans arrêt) mais aussi de testostérone associée à l’agressivité... et à la sexualité. L'hyper sexualité serait donc un artefact relié à l'effet connexe d'une hormone produite en quantité lorsque le besoin s'en fait sentir. D’autres changements biologiques importants y sont aussi associés. Chez la souris, un statut social élevé s’accompagne d’une augmentation de dopamine, un autre messager chimique associé à la réactivité, ce qui entraîne une augmentation de ses récepteurs et génère là aussi une hyper agressivité. Lorsqu’une souris dominante déroge de sa position, ses récepteurs de dopamine décroissent : pour sa sécurité, elle réduit ainsi sa réactivité (le dominant ne supporte pas l'opposition). Ainsi y a-t-il inter réaction : l’adaptation du comportement entraîne des changements biologiques nécessaires selon les moments (mais parfois d'autres non nécessaires) changements qui ensuite soutiennent et renforcent la nouvelle posture etc. Cercle vicieux parfois rompu de manière imprévue... et dramatique. Ainsi un "gain" de position est-il parfois aussi traumatique qu'une brutale chute lorsque la biochimie du corps n'a pas pu s'adapter à temps. (Chez les hommes, ce sont les médicaments qui parfois pallient ces variations exogènes.)


Chez l'homme, on a la même association entre le taux de sérotonine et le statut social, les hommes ayant le plus de testostérone ayant tendance à adopter un comportement dominateur parfois accompagné d’agressivité. Mais comme chez le singe, l'hormone répond aussi au statut social et le fait de devoir entrer en compétition avec d’autres pour une position affecte son niveau : dans un premier temps, elle s'élève chez les compétiteurs avant le challenge (une élection par exemple) et ensuite continue de croître chez le vainqueur (l’homme politique qui a été élu), reste chez lui à un haut niveau, (avec les conséquences que l'on a vues) mais par contre diminue chez le vaincu. Cela pourrait expliquer pourquoi de nombreux politiques de premier plan multiplient les conquêtes féminines (ou le tentent), parfois de manière prédatrice, un comportement connu et documenté mais passé délicatement sous silence en France.

Cela pourrait répondre à la question du "trop-plein" de "vitalité" chez un homme de 62 ans (mon âge!) gros travailleur de surcroît... qui quitte sa femme l'après-midi (dont il est amoureux "comme au premier jour" dixit, OK on a pigé) prend l'avion pour NY et une chambre à l'hôtel (?) selon l'accusation agresse sexuellement Ophélie (qui ne s'est pas laissée faire sans lutter), nettoie sans doute fissa ses griffures, file déjeuner avec sa fille, tente de reprendre l'avion pour Paris (il a RV avec Merckens à Berlin, ce n'est pas le plus court mais bon), et se permet encore dès qu'il entre... de draguer l'hôtesse en ces termes de gentleman (quel beau cul dit-il à voix haute) etc.

Un peu de voyance (facile)

DSK. Un billet à garder et... à relire sous peu


Naïf, le juge qui a consenti à la libération (lien) sous caution si énorme fût-elle d'un prévenu qui risque 70 ans à Rikers dont il vient de goûter les charmes ? Si j'avais les mêmes moyens, sachant donc que je risque de finir ma vie dans ce coupe gorge, et même plus tôt que je n'avais prévu, je n'hésiterais pas une seconde.

Je verrais deux solutions : un pseudo enlèvement en commando et hop c'est plié je disparais, d'autres l'ont fait pour des crimes bien plus graves qu'on n'a jamais revus. Ou une autre, plus dans ma manière, plus soft : une argutie juridique sordide démontrant que je risque ma vie aux States (cas d'exception évidemment, nul n'étant censé payer "au delà" de ce que requiert son délit ou crime au terme d'un procès équitable) et fissa en France pour me protéger, tout ce qu'il y a de plus légalement (enfin dixit mes avocats à 10 000 €/le quart d'heure)... où j'embarrasserai bien du monde mais d'où personne ne pourra m'extrader, sur la base qu'un accusé français n'est pas censé "payer" au delà de ce à quoi il aurait été condamné en France pour les mêmes chefs. Ces faits se sont déroulés à l'étranger? J'avais promis que..? Oui mais... (après tout, je leur ai laissé ma caution, 3 -?- millions d'€, ils n'ont pas tout perdu, les candides, n'est-ce pas la règle de leur jeu?) et au terme d'une belle bagarre juridique qui pourra être assez longuette avec Comité de soutien, théorie du complot etc... (mauvais pour Florence Cassez ça), ça donnera un procès (peut-être) et... allez, pour faire plaisir aux amerlocks, on me collera large 10 ans.. j'en ferai 3 (raison de santé, entre temps j'aurai vieilli et maintenir un homme de mon âge à Fleury pour un péché si ancien n'aura plus de sens) et basta, à nouveau l'avenir est à moi. Il faudra seulement que j'évite les States, mauvais pour ma sécurité, et sans doute quelques gardes du corps diligents. Ce post est à relire d'ici quelques temps.

Goliath contre David

DSK/Nafissata. En un combat douteux...




Que peut devenir un homme (lien) en quatre jours seulement... Ceci. Effacé. Une charge ici, non contre DKK mais contre les prisons américaines et notamment Rikers (lien). Les States, terre de contraste !


Un coupe-gorge où règnent les gangs, les trafics, la loi de, non la jungle mais... de l'Amérique.
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LE CADRE DE L' "AFFAIRE" EN QUELQUES IMAGES

New York. L'"Upper east side" (traduction, "les hauts du côté est") et Central Park, une véritable campagne de 300 hectares inscrite dans la mégapole, avec ses animaux, ses lacs, ses lieux de détente où la nature est parfaitement préservée et où vont jouer et courir les new yorkais par beau temps (enfin certains)...

Ses maisons écolo verdoyantes.

Et le Bronx, ses aires de "jeux" pour enfants.. qui s'amusent pourtant !
ses "magasins" discount
Ses quartiers abandonnés... où cependant vivent des gens
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LE CADRE DE VIE DES DEUX PROTAGONISTES
La maison de l'accusé (à Washington), mise en gage pour sa libération conditionnelle, rien de mirobolant en apparence mais elle vaut tout de même 6 millions de dollars

L'immeuble où habitait Nafissata Diallo, la jeune femme de chambre pour laquelle il est inculpé de viol

Le Sofitel où elle travaillait et où s'est déroulé l'affaire.

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LES AVOCATS A PRESENT: COTE DSK, LA GROSSE ARTILLERIE


... ce qui est du reste un peu gênant, ces stars se faisant payer à la mesure de la difficulté des cas donc de la gravité de l'accusation et de la lourdeur des preuves accumulées contre leurs clients. William Taylor. Ne reculant pas à se saisir de tout argument même le plus discutable (ce qui ne serait pas autorisé en France), il humilie les victimes, fait pression sur elles quasiment jusqu'au harcèlement... et dispose de réseaux politiques et financiers géants. Il est considéré comme le spécialiste de la négociation hard, argent contre rétractation sinon gare tu ne fais pas le poids...


Benjamin Brafman, le plus puissant des USA, a déjà sauvé nombre de grossiums impliqués dans des affaires sexuelles plus graves (des complots, vengeances ou manipulations de la part de la victime voire même des tentatives d'espionnages, l'accusé "découvre" une intruse fouillant ses affaires, lui fait barrage, elle l'accuse de viol et c'est plié)... Il fut l'avocat de Jackson, de stars du rap... stars du rap MAIS SURTOUT hommes d'affaires richissimes et hyper procéduriers, mélange des genres banal aux States où on voit des artistes dénonçant l'injustice, prônant la révolte des exclus etc ne pas hésiter à engager (et à payer!) de telles pointures pour exiger d'énormes dommages-intérêts d'un modeste patron de café ayant apposé sur sa boutique une enseigne rappelant vaguement -très vaguement- le titre d'une de leur chanson ! Parfois ça ne marche pas. Un détail sur lui, nullement anodin car il montre que de telles attitudes sont non seulement moralement répréhensibles mais inquiétantes pratiquement: un des richissimes clients qu'il avait défendu et fait libérer a réitéré des gestes de violence (certes moins graves) peu après sa sortie (contre une autre victime).

COTE NAFFISSATA A PRESENT, UN SEUL... QUI SEMBLE FRAGILE (mais semble!)


Jeffrey Shapiro, spécialiste des erreurs médicales et des petites gens, ne se fait pas payer mais est considéré comme assez habile pour leur obtenir de conséquentes indemnités dont il prend une part considérable ensuite. Cette affaire est peut-être sa chance. (ce qui ne l'empêche pas d'être sincère et hyper impliqué, au contraire.)
Note : les deux premiers disposent (c'est à dire ont les moyens de rémunérer) d'un réseau d'enquêteurs privés, des cabinets où officient à prix d'or des anciens policiers chevronnés, lesquels vont éplucher la vie de Nafissata depuis l'école primaire jusqu'à présent... pour trouver ? Tout est bon, un camarade qui certifierait qu'elle avait parfois tendance à mentir, ou, à son travail, un collègue qui mentionnera sans y prendre garde son attirance pour les hommes de l'allure de DSK... et dans sa vie privée, bien étique, un ex qui la dira prête à tout pour assurer l'avenir de sa fille... ou un blackboulé, qu'avec son physique et son travail, elle se vantait d'atteindre beaucoup plus haut... voire, pire, qu'elle adorait les rapports sexuels violents etc... c'est infini. Le supportera-t-elle? Ils ont déjà essayé avec le coup du Sida, Nafissata vivant dans un immeuble bon marché où se trouvent aussi des malades (tiens tiens, ça c'est du bon) de faire passer leur client pour une potentielle victime, et elle pour une femme à aventures.. ça a raté mais il est évident qu'ils ne vont pas lâcher l'os. Dans quel sens cela jouera-t-il ? le fait même d'avoir opté pour de tels soprano de la part de DSK, un homme de gauche (!) n'est-il pas lourdement péjoratif? Le jury sera-t-il à ce point naïf? Notons que si aux USA on a le droit d'enquêter avec une telle âpreté (indécence) sur une victime de viol, l'avocat de celle-ci peut en faire autant sur l'accusé. Et là, c'est facile, même sans cabinet d'expert.

Le viol en France et aux States

... ce n'est pas du tout défini de la même façon. Un peu glauque mais il faut comprendre à la fin...






La France et les States (lien), on le sait, n'ont pas la même culture ni la même vision des choses... et cela vaut y compris pour l' "évidence" que l'on croit reconnue par tous, par exemple le viol. Parfois les américains sont plus durs (un peu) mais d'autres, ô stupeur, la France l'est davantage et de beaucoup. Or en ce moment lorsqu'on écrit, on ne sait jamais quel mot employer pour qualifier tel ou tel acte et on entend pour les mêmes agissements des termes aussi différents qu' "agression sexuelle", "viol", "premier degré", "acte sexuel criminel" etc... Même si on n'a pas trop envie de se pencher sur "ça" (!) les nuances ne sont pas anodines, d'abord pour la victime, ensuite parce que, en termes de prison, ça "coûte" du simple au quintuple. Pourquoi? Allons-y vite et qu'on n'en parle plus, on emploiera enfin les mots à bon escient. Un coup de chapeau ici : c'est au très-comme-il-faut Midi-libre qui sur ce coup a été le plus précis que nous devons ces explications claires.

1 "Un acte sexuel criminel au premier degré" (qualification qui n'existe pas en France) qui vaut 25 ans aux USA est un viol par fellation ou sodomie en ayant recours à la force ou menaçant d'y avoir recours. C'est la charge la plus lourde. En l'espèce, comme dit le procureur Cyrus Vance "le pénis est entré en contact avec la bouche de la victime à deux reprises" donc cette charge est comptée deux fois : 50 ans.

2 "Tentative de viol au premier degré" : le viol (charge la plus lourde en France), aux Etats-Unis, ne recouvre donc que le rapport sexuel vaginal non consenti et il est considéré comme moins grave que l'acte sexuel criminel alors qu'en France, il recouvre "tout acte de pénétration" non consenti. (Premier degré signifie que l'agresseur a employé la force physique ou a menacé d'y recourir.) Mais comme en France, le viol, qu'il soit accompli ou fasse l'objet d'une tentative, est punissable de la même peine, 15 ans de réclusion. (Pas de "bonus" aux impuissants en quelque sorte.) 15 ans donc, plus les 50 précédents que la France n'aurait pas compté, ça fait 65 ans contre 15.

Si on résume, pour la pénétration vaginale forcée (ou tentative), les USA et la France sont d’accord, c’est un viol et ça vaut 15 ans. Mais ceux-ci mettent à part fellation ou sodomie désignés comme "actes sexuels criminels" qui chacun valent 25 ans alors que la France les inclus dans le paquet (viol). Une explication : "l'acte sexuel criminel" concernant également les victimes-hommes, le législateur américain a ainsi voulu signifier que le viol était plus grave pour le violé mâle ? Et/ou qu'il prenait la forme d'un acte inusuel, douloureux et plus répugnant encore? S'agit-il d'une condamnation biblique de l'homosexualité? Rappelons qu'un tiers des violés aux USA sont des hommes (mais le violeur est presque toujours un homme.. pas forcément homosexuel.)* Sur ce coup, je souscris à la différence faite par les américains, quelles que soient leurs raisons.

3 L'"agression sexuelle au premier degré" : recouvre tout "contact sexuel" (hors pénétration) non consenti avec usage de la violence ou menace d'y recourir et aux USA vaut 7 ans. En France, l'agression sexuelle en vaut 5. Deux de moins.

4 L' "emprisonnement illégal au second degré" c'est-à-dire le fait de retenir quelqu'un contre son gré vaut 1 an aux USA mais 5 en France en deçà de 7 jours et 20 au-delà. Là, la France, pays des Droits de l'homme, est 5 fois plus dure pour ce chef.

5 Les "attouchements non consentis" (le fait de toucher les parties intimes d'une personne dans un but dégradant et afin d'abuser d'elle, poitrine, sexe)… vaut 1 an dans l’état de New York ; la France, qui ne connait que l'"agression sexuelle" lui attribue le forfait : 5 ans. Elle ne fait donc pas la nuance entre un "pelotage" et un quasi viol... qui en effet ne sont pas identiques. Les américains sont plus précis.

6 L' "agression sexuelle au troisième degré" c'est à dire un "contact sexuel" sans emploi de la force est passible de 3 mois d'emprisonnement. En France la qualification n’existe pas... et cette fois, cela semble légitime : on voit mal (notamment ici) comment une victime qui s'est défendue, soudain y renonce (épuisée bien sûr, mais son état étant relié aux violences précédentes, dire "sans emploi de la force" est impropre.)

Mais le point le plus discordant entre les deux barèmes au final est qu'en France on fait des "bonus" : la peine pour l'ensemble des charges (quelles qu'elles soient) ne peut excéder celle correspondant à la plus lourde, ce qui de fait passe à la trappe toutes les autres... (et lorsqu'elles sont différentes, les victimes avec)..  et représente une sorte d'encouragement à l'abattage, si j'ose, tandis qu'aux USA, logiquement, elles s’ajoutent (même si le total fait 300 ans).. si bien qu'à New-York, pour l'ensemble de ces chefs d'accusation, un homme encourt au total 74 ans et 3 mois de prison alors qu’en France, 15 seulement, 5 fois moins pour exactement les mêmes crimes.

La justice n'est pas une science. Profondément ancrée dans l'idéologie, la culture et la sociologie, elle varie. Ex: si dans certains états du Sud, le viol fut longtemps passible de la peine de mort*, c'était relié à la libération des noirs -et nullement pour protéger les femmes- un excellent prétexte pour les esclavagistes déchus de lyncher de temps en temps un "négro" qui avait trop relevé la tête. Une aubaine que ce crime où la seule parole d'un/e pouvait coûter la vie -pour le coup, pas d'enquête-... et des exemples fort utile pour terroriser tous les autres.

* Susan Brownmiller, "Le viol" [thèse à laquelle je souscris qui soutient que le viol n'est nullement un acte sexuel en dépit de la forme qu'il revêt mais un acte de guerre (de pouvoir), un exemple pour asseoir une domination non seulement contre la victime mais contre tout son clan/famille/tribu par la terreur qu'il inspire. Il s'agit de démoraliser les combattants (ou de les booster au contraire.) Le viol est un arme de guerre. (Le fait est que la plupart des violeurs sont parfaitement normaux dans la vie courante voire même décrits par leurs compagnes comme tendre et attentionnés -sexuellement-). Autre fait corroborant est que beaucoup de viols sont homosexuels bien que ceux qui s'y livrent ne soient absolument pas homo dans la vie normale.]

Le cas de Tristane Banon. Iphigénie et la Raison d'état.



Tristane et Nafissatou, deux femmes dans la tourmente. Iphigénie et la Raison d'état. lien

 

Contrairement à ce qu'on lit parfois, Tristane Banon et sa mère ne sont pas incohérentes ou plus exactement leurs "variations" (portera -portera pas plainte) semblent plutôt de bon augure : nulle stratégie ici mais une situation presque sans issue. D'un côté il y a la culpabilité de ne rien avoir fait de concret lors de la première affaire concernant la jeune fille, qui a permis à M Touit de peut-être réitérer plus hard... et les voilà à présent avec une sorte d'obligation morale de réagir lors de cet autre cas... (mais aux States !) qui ressemble en pire au premier : ceux en France qui n'avaient pas bronché lorsque Tristane avait parlé car elle l'avait fait, soft, les grand médias politiques et même people se sont à présent engouffrés dans le créneau, avec le procureur américain qui évidemment ne va pas la lâcher... D'un autre côté, si elle porte plainte maintenant, elle aura l'air de "céder", et de participer à une curée d'autant plus sordide si d'AUTRES politiques et non des moindres savaient aussi et vont se trouver injustement éclaboussés (c'est pourquoi ils le nient à présent, un bel embrouillamini*). Reste que l'homme est à terre : lui porter l'estocade sonne inélégant (même si Tristane avait prévu de toutes manières de faire appel à la justice, quel gâchis!) Dans tous les sens que l'on prenne le dilemme, elle sera en faute. N'oublions pas qu'elle fait partie à un moindre niveau du sérail : la solidarité politique, toujours, primordiale... voilà ce que cela donne peut-être quelques années après. Et ça, ce n'était pas prévu. Une statistique connue : lorsqu'ils ne sont pas punis (ou lorsqu'il n'y a même pas signalement) les délinquants, s'ils réitèrent, ont toujours tendance à faire plus fort.

Ne rien faire, c'est se désolidariser de Nafissatou (qui est tout simplement accusée dans le dernier commentaire que je viens de lire à un article mien... de prostitution, toute l'affaire, selon un perspicace de service, se résumant à un simple différend au sujet des tarifs, ça c'est fort) et Tristane elle aussi sera/est à coup sûr harcelée par les avocatissimes de Touit, de grand spécialistes avec cabinets de détectives et budget hollywoodien.. Mais porter plainte MAINTENANT pour se reconstruire, ça tombe en effet... disons à la fois trop bien donc trop mal. Peut-être ne se sent-elle pas épaules, c'est sa "famille", et pas n'importe laquelle. Une victime, par définition, est fragilisée ce qui explique hésitations, volte-faces, parfois déroutantes, qu'on lui reproche à tort : c'est son dol même qui obère sa force morale et pour porter le cas en place publique, il en faut, de l'énergie : si l'on n'est pas cru, moqué, accusé en retour, c'est presque aussi dur que le viol ou l'agression en eux-mêmes car c'est toute la société que l'on a à dos et non un seulement. Celui qui a montré de quoi il était capable fait peur : poussé dans ses retranchements, il va bombarder tout azimut lui ou ses séides. Ca commence déjà : on l'a accusée (dans un commentaire, encore sur "le post") d'être trop jolie, trop décolletée et souriante, allumeuse en somme** (!) de vouloir se faire un nom avec ce drame (alors que le talent littéraire compte peu en ces cas, un tel événement obérant tout.) Eût-elle été laide qu'on l'eût accusée de mythomanie ou pire (et malgré tout, ça a aussi été fait, sur "le post" toujours, mais l'article a disparu juste au moment où je m'apprêtais à envoyer un commentaire rageur.) Ca reviendra c'est sûr.

Un grand classique que l'on pensait définitivement aboli, on se croirait revenu vingt ans en arrière, époque où on filait (non défilait, je laisse) avec "non, ça ne veut pas dire oui": c'est l'agressée ou la violée qui est responsable belle ou moche, riche ou pauvre.. et le doleur ou violeur qui a fait "un écart" compréhensible, voyons voyons vous n'allez pas en faire une maladie, il n'y a pas mort d'homme à la fin. D'homme non, de femme, pas si sûr, le suicide étant un des risques majeurs après un viol. Cette affaire montre aussi qu'une femme violée ou malmenée sexuellement PAR UN PROCHE (en le cas, l'ex mari de sa marraine) est souvent et quelque soit le milieu social, aussi voire plus mal lotie encore qu'une agressée par un "étranger". C'est un inceste symbolique : tout son univers s'écroule. Nafissatou est soutenue par sa communauté qui fait bloc, Tristane Banon embarrasse tout le monde, tout son monde. Le monde politique est d'une incroyable férocité y compris envers les siens, et d'un pragmatisme pugnace inégalé. Combien d'Iphigénies sacrifiées par les "leurs" dans l'indifférence générale? (Voir la manière dont de Villiers (lien), lors de la plainte pour viol d'un de ses fils contre un autre a taclé la victime, suivi par Madame, et non le coupable: qu'elle soit homme ou femme (mais surtout femme), du sérail ou étranger (mais surtout du sérail), qu'importe, c'est toujours la victime qui dérange car en parlant elle dévoile des silences, des lâchetés, des complicités par indifférence qui parfois éclaboussent l'ensemble, tandis que le coupable, lui, en général, se porte bien (et souvent fait peur). Et surtout, il est moins dirimant socialement d'avouer avoir un fils -ou une fille- malade psychique, mytho etc.. qu'un fils -ou un mari- violeur incestueux : dans un cas ça passe -c'est à dire qu'on peut encore gagner des élections- mais dans l'autre, ce n'est même plus la peine de se présenter (lien).

Il n'en demeure pas moins que, même si c'est maintenant, même si les critiques seront dures et le malaise indéniable, il faut néanmoins que Tristane Banon porte plainte : parce que c'est la loi, pour elle-même, pour retrouver quelque chose qui lui a été enlevé et que visiblement on lui enlève encore tous les jours un peu plus, pour d'autres femmes aussi peut-être, moins favorisées qu'elle : une question.. le mot est fort mais c'est le seul qui vienne à l'esprit, d'honneur. Le célèbre adage "je préfère ma mère (fille, cousine) à la justice" forge l'airain du bouclier qui permet à des agresseurs puissants d'agir impunément (et souvent crescendo) : des sœurs, filles, mères, il en ont pléthore, tout prêts à sacrifier Iphigénie à la Raison d'état, à leur tranquillité, confort ou ambition. Parfois même dans la propre famille de la victime (ici ce n'est pas le cas). L'erreur de Tristane (s'être tue devant la police) est rattrapable, en partie. Il faut donc qu'elle le fasse. Et l'aider.

* Un embrouillamini car il semble à présent évident que tout le marigot politique PS a "tweeté" (avant l'heure) l'affaire: si "x" le savait et a même tenté d'aider la jeune fille, "y" le savait forcément aussi etc... un secret de famille en fait connu de tous (ça s'appelle donc une conspiration du silence), c'est cela qui pèse à présent sur cette caste, aussi fermée que la famille de Villiers (mais d'eux on s'y attendait)... et, paradoxe, ceux qui ont ouvertement "refusé de savoir" s'en tirent ici plutôt mieux (autre injustice) que ceux qui ont payé de leur personne par amitié (ça existe aussi!) Un gâchis. C'est Marine pour le coup qui... passons, ça tombe mal en effet. Mais, question de fond : si une caste politique se révèle si ... [je n'ai pas le mot, mais le "si" est de trop car le fait est] peut-elle diriger un pays? Une vraie question qui cette fois inclue tous les messieurs et dames porte-close. Le peuple dont je suis n'aime pas qu'on se ligue contre lui par omerta interposée (si complot il y a, il est d'abord ici, issu de ceux qui ont protégé un agresseur)... le peuple donc a horreur que ceux qui font des lois ne se les appliquent pas à eux-mêmes en premier et forcément ça fait penser : s'ils agissent ainsi pour un événement aussi grave, quels sont encore les squelettes dans le placard que l'on va découvrir ? Un parti de gauche, du féminisme, de l'égalité etc... mené par un/des richissimes? soit, à la rigueur, nobody is perfect... Mais par un d'entre eux qui [...], ça fait désordre.. bon mais pas de panique c'est un seul cas et peut-être que... Sauf que tout compte fait, il y a une autre affaire sur lui. Qui l'eût cru? Sauf que les émissions mondaines que je ne regarde pas l'avaient déjà dénoncé il y a lurette et que ça avait fait plouf. Je rêve?... Sauf que tout le monde le savait dans le cercle. Ambiance. 

C'est comme ça, c'est connu par les médias qui la bouclent. Et le Canard enchaîné, il fait quoi? [En fait, il ne se soucie pas de "ça", c'est même clairement avoué, c'est trop "bas", il me souvient soudain d'un bref accrochage sur un sujet proche avec une pointure, passons.]

Un cauchemar? Un scénar de la droite pour plomber la gauche... ? Non car il y a le finale : le soutien ardent de Touit par toute la cour de récré.. visiblement habituée à [...] et qui ne s'émeut pas (donc c'est vrai!) Merci, Bernard H, de nous avoir éclairés avec cet incroyable article (vous les ploucs taisez-vous, vous ne savez pas ce que vous faites, laissez les "grands" tranquilles à la fin non mais! je me fâche.) Et là non, ça ne passe plus. C'est disons, la goutte d'eau, pardon à Tristane. Tant va la cruche... etc (je parle pour moi évidemment.) Ca plus d'autres affaires minimes (lien), je ne voterais plus systématiquement à gauche sans y regarder de très près.

** Un détail apparemment ignoré par les messieurs-post-unique-dénonçant-tristane, qui n'a rien à voir directement mais je le signale tout de même : les victimes d'agression sexuelle dans l'enfance ont parfois tendance, même très jeunes à adopter des comportements sexuels trop matures  déroutants, c'est du reste à cela qu'on les détecte. Car les viols ou les agressions, surtout s'ils se sont déroulés dans un cadre "familial" relativement "soft" (gratification, gentillesse apparente) leur ont conféré un précoce savoir sexuel dont il n'ont pas conscience de l'anomalie. Ce qu'ils ont dû subir/accomplir est parfois perçu comme un jeu normal et on pointe souvent une quasi solidarité (et de l'amour) entre victime et doleur, la plupart du temps à sens unique, la première n'osant pas taper trop fort sur le second, minimisant ou détournant la vérité, par exemple accusant un autre proche mais pas le vrai agresseur surtout si c'est le père (c'est le syndrome de Stockholm, presqu'inévitable dans les cas d'agression intra familiale)... et le second se servant de sa longanimité pour clamer qu'il n'a fait aucun mal voire s'est contenté de répondre à ses sollicitations (!) y compris s'il s'agit d'un très jeune enfant. Rappelons aussi que la majorité des prostituées ont été agressées sexuellement dans leur enfance, souvent par le père ou son succédané (beau-père, frère aîné, oncle, cousin plus âgé, voisin "qui fait partie de la famille", précepteur etc.)

Un autre détail aussi : en cas d'agression sexuelle, (il en va peut-être différemment en cas de viol mais ce n'est pas sûr) le débriefage est absolument essentiel. J'ai été agressée sexuellement deux fois, la première dans l'enfance (3-4 ans) mais immédiatement prise en charge par une personne de mon entourage qui m'a aussitôt débriéfée exactement comme il fallait, sans dramatiser, me plaindre, se lamenter, hurler, me palper partout pour voir jusqu'où "il" était allé mais en me questionnant, m'écoutant et m'expliquant (elle avait aussi appelé les gendarmes pour arrêter le gus) et je n'ai eu eu aucune séquelle, je l'ai même presqu'oublié, mais pas ses recommandations, ne jamais accepter que quelqu'un même poliment te demande de.. et te touche là.. etc... (En y réfléchissant, un seul fait tend l'infirmer mais il est minime: je n'ai jamais eu d'ami qui ait les caractéristiques physiques -très spéciales mais nullement dirimantes- du type.) Et une seconde à 16 ans (pire en un sens car je connaissais l'agresseur, moindre dans l'autre car il n'y eut pas tentative de pénétration) mais non débriefée ou très mal et celle-là fut quasi indélébile. C'est exactement comme si c'était hier. La première il faut dire était le fait d'un étranger, pas la seconde. Pour Nafissatou, dont le cas s'il est avéré est infiniment pire, espérons que cela a été bien fait.

Hélène Larrivé ("Secret de famille".. Prémonitoire? En un sens, oui.)

 


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